Sur la grève sauvage victorieuse des bagagistes d’Air Canada et les « grèves -maladie » des pilotes la même année.
Aucune sanction, une centaine de vols annulés, une victoire totale : voilà le bilan de la grève sauvage de 2012 des bagagistes d’Air Canada.
Face à la conclusion décevante de la grève de août dernier, il est bon de se remémorer un peu de notre histoire.
Le 8 mars 2012. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper et sa ministre du Travail, Lisa Raitt, font passer une loi spéciale interdisant tout débrayage pour le transporteur aérien.
Le 22 mars, lors du passage de Mme Raitt à l’aéroport Pearson de Toronto, quelques bagagistes l’applaudissent ironiquement. Trois d’entre eux sont suspendus sans salaire quelques heures plus tard. Le soir même, les bagagistes de Pearson arrêtent le travail, sans consigne syndicale.
Le 23 mars, la grève se poursuit et s’étend d’abord à l’aéroport de Montréal vers 6 h 30, puis à celui de Québec vers 10 h 30. Le syndicat appelle à retourner au travail à Toronto, sans succès. Plus d’une centaine de vols sont annulés. La ministre Raitt doit attendre plusieurs heures son prochain vol. Le soir même, les trois bagagistes sont réintégrés et dédommagés pour les heures de salaire perdues, et un arbitre garantit qu’aucune sanction ne sera prise contre les grévistes. Les bagagistes retournent à leur travail la tête haute, conscients qu’ils ont fait plier, non seulement l’employeur, mais aussi le gouvernement.

Dans les jours qui suivent, un groupe de pilotes, indépendant de leur syndicat et inspiré par lesbagagistes, organise des « sick-out » ou « grèves-maladie ». Des appels coordonnés à se déclarer malade paralysent plusieurs vols. Un juge condamne cette pratique comme constituant une grève illégale, et le syndicat dénonce l’action, appelant les pilotes à retourner au travail. Cependant, cette pratique permet de débloquer les négociations et poussent la compagnie à abandonner la ligne dure qu’elle tenait
jusqu’alors.
Le souvenir de ces événements devrait nous rappeler que les mots d’ordre syndicaux et les décrets gouvernementaux ne marquent pas la fin de la lutte. Si les travailleuses et les travailleurs reprennent leur lutte en main, s’organisent à la base pour défier patrons, ministres et dirigeants syndicaux, la victoire devient alors possible.


L’objectif du comité de base est de regrouper les agent·es de bord de l’air qui souhaitent s’organiser et poursuivre la lutte, mettre fin au travail gratuit et à l’appauvrissement, et visiblement, cela passera que par la redécouverte de moyens d’action en dehors des méthodes syndicales officielles.

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